Du joyeux embarras de trouver une position de lecture confortable à la plage, jusqu’à la fraîcheur de la première gorgée de bière que l’on sent mousser le temps d’un instant au fond de sa gorge, en passant par l’apaisante immobilité d’un jardin au coucher du soleil d’été, il n’est point de « petits plaisirs minuscules » de la vie quotidienne qui n’échappent à l’œil observateur de Philippe Delerm. Armé de mots justes, il s’attaque en toute poésie à ces douceurs connues de tous mais auxquelles personnes ne s’attarde. « L’odeur des pommes », « Le dimanche soir », « Mouiller ses espadrilles » : l’auteur nous livre ces moments comme des friandises ; on s’en régale le temps de deux pages ; avant même que l’on ne s’en rende compte, on n’en garde plus que le souvenir distant, chaleureux, sucré.

Entre une trame inexistante et des chapitres que l’on pourrait facilement qualifier de poèmes en prose, il semblerait qu’au terme de ce petit livre de 90 pages, on n’ait rien appris du tout. Et c’est bien là qu’est l’enseignement de Delerm. De plaisir méconnu en plaisir minuscule, il arrête le temps et nous fait le prendre. En mettant les mots exacts sur un inconscient collectif, il crée une atmosphère quasi-onirique qui laisse chaque lecteur se faire rêveur. Et c’est pourquoi La première gorgée de bière n’est pas des livres qui ne se lisent qu’une seule fois ; il invite au contraire à revenir errer entre ses pages pour toujours se rappeler la beauté d’être flâneur.

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