Closerie-des-Lilas

Je ne suis pas Parisienne. En fait, je suis tout l’opposé. J’appartiens à une, et peut-être la, catégorie de Français que les habitants de notre capitale exècrent le plus. Car bien que ma carte d’identité déclare que je suis née à Paris 16, j’ai grandi, oh rage, dans la détestée région Île-de-France. Á 15 minutes de la ville des Lumières, donc, effectivement, mais 15 minutes qui inévitablement font de moi une triste banlieusarde. Même le mot fait un peu crasseux.

Mais malgré mon pauvre statut à l’échelle nationale, malgré ma connaissance exacte du train de banlieue et malgré le fait que je donne rendez-vous à mes potes dans un vieux café du 92 plutôt que dans une brasserie huppée du Marais, je dois reconnaître que Paris semble toujours avoir un certain je ne sais quoi de plus. C’est au moment  où l’on est le plus lassé de la grisaille ou blasé des grèves de la RATP que la ville nous offre un bar atypique ou un restau charmant, bien cachés dans une autre de ces petites rues que l’on ne connaissait pas.

La Closerie des Lilas, il faut la trouver. Elle est tranquillement installée depuis plus d’un siècle et demi entre la statue du Maréchal Ney et la station Port-Royal, derrière un épais rempart de verdure et un sage mais imperturbable brouhaha de terrasse. Lumières tamisée, garçons à l’humour caustique en cravate et long tablier blanc, piano bar: passer la porte de la Closerie, c’est revenir en arrière dans le temps pour dîner le temps d’un soir avec Hemingway, Apollinaire, Rimbaud, Fitzgerald et bien d’autres, dont les noms bordent les tables du bistrot pour rendre hommage à ceux qui en avaient fait leur lieu de délices. On y va en couple, en famille ou bien tout seul, pour profiter du restaurant, de la brasserie ou du bar – toutes les excuses sont bonnes pour s’offrir, selon son humeur, un tartare de boeuf ou un French Martini.

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Est-il vraiment nécessaire d’ailleurs de mentionner la carte? Elle est évidemment à la hauteur du lieu. Les mets sont fins, les saveurs sont subtiles et les papilles frétillent. C’est élégant, c’est chic, c’est Parisien, et à partir de 23 heures, c’est accompagné des notes délicates du piano et souvent de la voix suave d’une chanteuse. Non, vous n’êtes pas prêts d’oublier votre dîner à la Closerie des Lilas – elle fait sans aucun doute partie des raisons pour lesquelles Paris est magique.


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I am not Parisian. In fact, I am the exact opposite. I belong to what is perhaps the category of French people that Parisians hate the most. Because although my ID clearly states that I was born in the 16th arrondissement of the capital, I was bred in the oh-so detested Île-de-France area. 15 minutes away from the City of Lights, that is, but 15 minutes that inevitably make me belong to the suburbs. Even the French word for it – banlieusarde – sounds grimy.

But despite my unfortunate national status, despite my exact knowledge of the suburban train network and despite the fact that I meet my friends for coffee in Boulogne or Chaville instead of in posh brasseries in the Marais, I have to admit that Paris always seems to have a certain je ne sais quoi. It’s always when you’re most bored of the grey weather or tired of the never-ending metro strikes that the city finds an unusual bar or a charming restaurant to offer, most often well hidden in another one of these small streets that you’d never seen before.

You can only find La Closerie des Lilas if you’re looking for it. It’s been quietly living on for more than a century and a half between the statue of Marshall Ney and the Port-Royal train station, behind a thick and green bushy fortification and a quiet terrace brouhaha. The soft lights, the suited up waiters with a caustic sense of humour, the piano bar: as soon as you pass the door of the Closerie, you will step back in time to have dinner with Hemingway, Apollinaire, Ribaud, Fitzgerald and many others, whose names show up on the side of the bistro tables to pay tribute to those who had made the place their personal Arcadia. You can go for a romantic date, with your family or all by yourself, to enjoy the restaurant, the brasserie or the bar – there is always a good reason to indulge, depending on your mood, in a beef tartare or a French Martini.

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Is it really necessary to mention the menu? It measures up, of course, to the place. The dishes are exquisite, the flavors are subtle, and tastebuds quiver. It’s elegant, it’s chic, it’s Parisian, and after 11 p.m, it is accompanied by the delicate sound of a piano playing and very often by the suave voice of a singer. You’re not even close to forgetting your night at the Closerie – it is without doubt one of the reasons why Paris is magical.

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